En exclusivité, la version non tronquée de l’article publié dans le dernier bulletin municipal « Tribune opposition page 30 ».

samedi 12 novembre 2016
par  Serge Bottin

La réduction de fréquence de collecte des ordures ménagères à Saint-Jeannet : Optimisation ou mépris ?


Parmi les pistes d’optimisation de la gestion des déchets ménagers et assimilés figure la réduction de la fréquence des tournées de collecte d’Ordures Ménagères Résiduelles (OMR).


Cette réduction du nombre de tournées vise plusieurs objectifs : Le plus souvent, il s’agit d’adapter le service aux nouvelles habitudes et tout particulièrement au développement du tri et de la collecte sélective qui détourne certains déchets des bacs OMR vers les bacs de collecte sélective ou les points d’apport volontaire. L’objectif est globalement de mieux coordonner les différents types de ramassage plutôt que de seulement en réduire le nombre. Cette démarche traduit la volonté « d’adaptation du service aux contraintes du territoire, à la réglementation et aux besoins des usagers ».


Cette approche permet à la fois de baisser les coûts (moins de kilomètres, moins de consommation et moins d’heures de travail), mais a également un impact sur la progression de la performance de tri. On constate en effet que la réduction de la fréquence de collecte des déchets contraint les usagers à trier davantage.


Mais quelle est la réglementation en la matière ? Aujourd’hui, le décret n°77-151 du 7 février 1977 impose de collecter les Ordures Ménagères Résiduelles (OMR) au minimum une fois par semaine pour les « zones agglomérées groupant plus de cinq cents habitants permanents, qu’elles soient comprises dans une ou dans plusieurs communes ». Un décret devrait prochainement revoir cette règle en introduisant des possibilités de dérogation.


Depuis le 1er juin 2016, la fréquence de collecte des ordures ménagères a été réduite à Saint-Jeannet : Elle est passée de 5 à 3 passages par semaine, à l’exception du village qui continue à bénéficier d’une collecte quotidienne.


Ce qui caractérise cette évolution c’est :

- L’absence de communication


Le site officiel de la commune n’indique toujours pas ce changement : à titre d’exemple, citons La Gaude où les évolutions ont été soigneusement expliquées.
Si des tracts d’information et affiches ont été effectivement distribués, force est de constater que tous les usagers n’ont pas été prévenus.
Quant aux ambassadeurs du tri, particulièrement nécessaires dans de telles circonstances, ils concentrent leurs efforts sur la Ville de Nice !

 

- L’absence d’anticipation technique


Le nombre et le volume des contenants à la disposition des usagers sont censés être adaptés à la production d’ordures. Or l’évolution des fréquences a augmenté le délai maximum entre deux collectes de deux à trois jours. En théorie, la dotation disponible devrait augmenter de 50 % … mais aucun bac supplémentaire n’a été prévu.


Image ci-contre : Conséquences d’une dotation inadaptée.
 

- L’absence de compensation financière ?


Face à cette réduction notable du service, qui normalement doit entraîner une baisse des coûts de collecte, on peut légitimement espérer une baisse de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères.
La loi permet d’ailleurs de distinguer les taux de cette taxe en fonction du service rendu (tarification incitative) … sur ce sujet peut être aurons-nous de bonnes nouvelles lors de la réception prochaine de la taxe foncière ?


Alors … optimisation ou incapacité de notre municipalité à défendre les intérêts de Saint-Jeannet face aux décisions unilatérales de la Métropole ? A vous de juger !



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